Dans ce deuxième épisode des Chroniques du Mage, je vous invite à explorer la figure de l’observateur intérieur, cette présence silencieuse qui demeure derrière nos pensées, nos émotions et les rôles que nous jouons. Une invitation à prendre du recul, à se désidentifier de ce qui nous traverse et à expérimenter une autre manière d’habiter pleinement l’instant présent.
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Dans ce deuxième épisode des Chroniques du Mage, j’explore une question aussi simple que vertigineuse : qui observe ?
Nous passons notre vie à nous définir à travers nos pensées, nos émotions, nos rôles, notre histoire ou nos croyances. Pourtant, tout cela évolue, se transforme et parfois disparaît. Alors, derrière ce mouvement permanent, qu’est-ce qui demeure ?
À travers des expériences du quotidien, des moments de présence dans la nature, la méditation, la contemplation ou encore une pratique de désidentification, je vous invite à découvrir cette part de nous qui observe sans juger, cette présence silencieuse qui accompagne chacun de nos instants.
Cette chronique propose un regard différent sur notre identité et sur notre manière d’habiter le monde. Elle invite à prendre du recul, à se désidentifier progressivement de ce qui nous traverse et à développer une relation plus consciente à nos pensées, à nos émotions et à nos expériences de vie.
Et si nous n’étions pas seulement ce que nous pensons être ? Et si une part plus vaste de nous-mêmes était déjà présente derrière l’agitation du quotidien, attendant simplement d’être reconnue ?
Un épisode pour ralentir, observer, respirer et renouer avec cet espace intérieur où peuvent émerger davantage de clarté, de présence et de liberté.
Lire l’article de la chronique ci-dessous :
Nous passons une grande partie de notre existence à répondre à une question qui nous accompagne depuis notre naissance : qui suis-je ?
La plupart du temps, nous répondons à travers nos rôles, notre métier, notre histoire personnelle, nos croyances, nos relations ou nos émotions. Nous disons : « Je suis dirigeant », « Je suis parent », « Je suis formateur », « Je suis quelqu’un de sensible », « Je suis en colère », « Je suis heureux ».
Pourtant, lorsque nous prenons le temps d’observer, une évidence apparaît : tout cela change.
Nos émotions changent. Nos pensées changent. Nos croyances évoluent. Nos relations se transforment. Notre corps lui-même se modifie au fil du temps.
Alors une question surgit :
Que reste-t-il lorsque tout ce qui change est mis de côté ?
C’est cette exploration que je vous propose dans cette deuxième Chronique du Mage.
Tout ce qui peut être observé n’est peut-être pas ce que nous sommes
ALorsque nous observons nos pensées, nous réalisons qu’elles apparaissent puis disparaissent.
Certaines nous traversent quelques secondes. D’autres nous accompagnent plusieurs jours. Certaines nous élèvent. D’autres nous limitent.
Mais une chose demeure : nous sommes capables de les observer.
De la même manière, nous pouvons observer nos émotions. Nous pouvons ressentir la joie, la peur, la colère ou la tristesse tout en étant conscients de leur présence.
Nous pouvons également observer nos rôles. Être chef d’entreprise, salarié, parent, conjoint, ami ou accompagnant.
Tous ces rôles sont utiles. Ils participent à notre expérience de vie. Pourtant, ils ne constituent pas nécessairement l’essence de ce que nous sommes.
Car si nous pouvons les observer, une partie de nous semble déjà distincte de ce qu’elle observe.
Lorsque le rôle finit par prendre toute la place
Il arrive parfois qu’une identité devienne tellement importante que nous finissions par nous confondre avec elle.
Nous ne sommes plus une personne exerçant un métier ; nous devenons ce métier.
Nous ne sommes plus une personne occupant une fonction ; nous devenons cette fonction.
Nous ne sommes plus une personne vivant une expérience ; nous devenons cette expérience.
Peu à peu, notre champ de vision se rétrécit.
Le dirigeant ne voit plus le reste de sa vie qu’à travers les contraintes de son entreprise. Le manager s’identifie tellement à sa responsabilité qu’il ne s’autorise plus certaines aspirations. Le parent oublie parfois l’individu qu’il était avant d’endosser ce rôle. L’entrepreneur finit par croire que sa valeur dépend exclusivement de la réussite de son activité.
Ces phénomènes sont fréquents parce que les identités offrent une forme de sécurité. Elles nous donnent des repères. Elles nous permettent de savoir qui nous sommes censés être et comment nous sommes censés agir.
Mais cette sécurité possède également un prix : celui de la liberté.
Lorsqu’une identité devient trop rigide, elle cesse de nous servir et commence à nous limiter.
Elle nous empêche d’envisager d’autres possibles.
Elle nous enferme dans une définition devenue trop étroite.
Ces moments où nous faisons l’expérience de quelque chose de plus grand
Il existe parfois des instants particuliers où cette distinction devient plus perceptible.
Un concert qui nous transporte.
Une montagne atteinte après plusieurs heures de marche.
Un coucher de soleil contemplé dans le silence.
Une présence profonde auprès d’un animal.
Une création artistique qui nous absorbe totalement.
Dans ces moments, nous avons souvent la sensation d’être à la fois pleinement présents et reliés à quelque chose de plus vaste.
Nous sommes toujours là, avec notre corps, nos sensations et notre histoire. Pourtant, nous avons également l’impression de faire partie d’un ensemble plus grand que nous.
Comme si les frontières habituelles de notre identité devenaient momentanément plus souples.
Comme si la vie cessait d’être seulement un problème à résoudre pour redevenir une expérience à vivre.
L’expérience de l’observateur intérieur
Avez-vous déjà vécu cette sensation étrange d’être à la fois acteur et témoin de ce que vous vivez ?
Dire quelque chose tout en vous entendant le dire.| Agir tout en observant votre manière d’agir. Sentir une émotion émerger tout en étant conscient de son apparition.
Cette expérience est plus fréquente qu’on ne le croit. Elle nous invite à découvrir ce que de nombreuses traditions philosophiques, spirituelles ou contemplatives appellent l’observateur.
Non pas une nouvelle identité à adopter, mais un espace de conscience capable d’accueillir nos pensées, nos émotions, nos perceptions et nos expériences sans s’y réduire totalement.
Cet observateur n’est pas séparé de la vie. Il est au contraire ce qui nous permet de la vivre avec davantage de recul, de présence et de discernement.
Pourquoi la méditation peut changer notre regard
Le mot méditation suscite parfois des résistances.
Certains imaginent qu’il faudrait arrêter de penser ou atteindre un état particulier.
Mon expérience est différente. La méditation n’est pas une lutte contre les pensées. Elle est une invitation à les observer. Elle permet de revenir à la respiration, aux sensations du corps et à l’instant présent. Progressivement, elle nous aide à prendre de la distance avec les scénarios que notre mental construit en permanence.
Cette prise de recul ne nous éloigne pas de la vie. Elle nous permet au contraire d’y revenir avec davantage de lucidité. Qu’il s’agisse de méditation assise, de marche consciente, de cohérence cardiaque, de yoga, d’arts martiaux ou simplement d’une promenade dans la nature, l’essentiel reste le même : retrouver une qualité de présence.
Se désidentifier pour retrouver davantage de liberté
Une grande partie de notre souffrance naît parfois de nos identifications. Nous nous confondons avec nos peurs. Nous nous confondons avec nos blessures. Nous nous confondons avec nos pensées. Nous nous confondons avec nos rôles.
Pourtant, la liberté ne consiste pas toujours à changer ce que nous vivons.
Elle consiste parfois à cesser de nous confondre avec ce que nous vivons.
Faire un pas de côté.
Observer.
Respirer.
Accueillir.
Et découvrir que nous sommes peut-être plus vastes que ce que nous pensions.
Une expérience simple à explorer
Dans le podcast, je vous propose un exercice de désidentification particulièrement simple.
Commencez par énoncer votre identité actuelle :
« Je suis … »
Puis retirez progressivement les couches qui la composent :
Votre fonction.
Vos activités.
Vos rôles.
Votre nom.
Votre prénom.
Jusqu’à ne conserver que ces deux mots :
Je suis.
Puis laissez place au silence. Sans chercher de réponse. Sans chercher à comprendre. Simplement observer ce qui demeure.
Et si la question restait ouverte ?
Peut-être ne trouverons-nous jamais une définition parfaite de ce que nous sommes.
Peut-être que certaines questions ont davantage vocation à être explorées qu’à être résolues.
Mais nous pouvons commencer à reconnaître ce que nous ne sommes pas.
Nous ne sommes peut-être pas uniquement nos pensées.
Nous ne sommes peut-être pas uniquement nos émotions.
Nous ne sommes peut-être pas uniquement les rôles que nous jouons.
Et derrière tout cela demeure cette présence silencieuse qui observe.
La question reste ouverte : Qui observe ?
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